Les relations en entreprise sont rarement transparentes. Elles sont traversées de dynamiques de pouvoir, de stratégies d’évitement, de coalitions implicites. Ce que l’on appelle les « jeux relationnels » — ces schémas répétitifs et largement inconscients — pèsent sur le climat de travail et sur la performance des collectifs.
Pour un coach intervenant en entreprise, savoir les repérer n’est pas un raffinement théorique. C’est une compétence opérationnelle. Et il faut le dire franchement : c’est une compétence rare. Beaucoup de coachs maîtrisent l’entretien individuel sans savoir lire ce qui se joue au niveau du système. Voici quatre schémas parmi les plus fréquents.
Le responsable invisible
Certaines personnes s’effacent dès qu’une décision difficile s’annonce. Elles se rendent « invisibles » au moment précis où une responsabilité devrait être assumée, reportant de fait la charge sur les autres.
Comment le repérer : un collaborateur disparaît régulièrement des discussions importantes, ou diffère les décisions clés. Ce qu’un coach peut travailler : aider le collectif et son responsable à reposer clairement les périmètres, et à rendre visible ce qui était esquivé — sans transformer la personne en cible.
Le bouc émissaire
Ce jeu consiste à désigner une personne comme responsable de l’ensemble des difficultés de l’équipe. Le rôle est injuste, et il fonctionne précisément parce qu’il rassure les autres : avoir un coupable désigné dispense d’examiner le système.
Comment le repérer : un membre de l’équipe est systématiquement blâmé, y compris pour des problèmes qui lui échappent. Ce qu’un coach peut travailler : aider à réattribuer les responsabilités de façon juste et transparente, tout en sécurisant la personne ciblée — un travail délicat, qui demande du tact et de la fermeté.
Le sauveur
Le sauveur prend sur lui d’aider en permanence ses collègues, souvent au détriment de sa propre charge. Le comportement semble noble ; il génère en réalité de la dépendance et empêche les autres de développer leur autonomie.
Comment le repérer : un collaborateur s’implique pour les autres même quand ce n’est ni nécessaire ni demandé. Ce qu’un coach peut travailler : rappeler que chacun est responsable de ses tâches, et que l’entraide a sa place — mais une place mesurée.
La victime
Ici, une personne s’installe durablement en position de victime, cherchant attention et sympathie. Ce rôle détourne l’énergie collective des objectifs et des solutions vers la plainte.
Comment le repérer : un collaborateur se plaint régulièrement, accuse les circonstances ou les autres, sans engager d’action pour changer la situation. Ce qu’un coach peut travailler : recadrer les échanges vers des solutions concrètes et restaurer la responsabilité de chacun face à ses actes.
Une lecture qui se forme — et qui se vérifie
Détecter les schémas, encourager l’autonomie, favoriser une communication ouverte, intervenir tôt : ces principes sont simples à énoncer. Les mettre en œuvre dans une situation réelle, politiquement chargée, l’est beaucoup moins.
C’est précisément ce qui distingue un coach que les entreprises rappellent d’un coach qu’elles essaient une fois. Cette capacité de lecture systémique fait partie de ce que l’audit Coach de Référence examine — non pas vos diplômes, mais ce que vous savez réellement faire face à la complexité.
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